Les dernières étapesLe grand procès
Après avoir reçu l’acte d’accusation, il s’adressa à ses amis: "Mes chers amis! Ces derniers jours toute la presse et la radio ont propagé une nouvelle plus ou moins tendancieuse à mon égard pour vous informer que le ministère public II munichois étaie une accusation pour homicide par négligence contre moi. J’aurais promis fin 1949 la guérison à une jeune fille de 17 ans atteinte de TBC et l’aurais empêchée de voir un médecin et de se rendre dans un sanatorium. Je serais responsable de la mort de cette jeune personne. Celui qui a entendu ou lu ces nouvelles avec lucidité aura reconnu quel but l'on poursuit: provoquer la confusion chez mes amis et empêcher toutes les personnes en quête d’aide de s'intéresser à nos objectifs et à la connaissance de base proposée. On cherche par tous les moyens à freiner aussi bien mon activité que la vôtre et celle de l’Union Groening. Il est bien évident que les choses sont différentes de ce qu’on présente! Je n'ai nul besoin de donner des explications à mes amis à ce sujet. Ils savent que je ne fais pas de "promesses de guérison" et ne déconseille jamais de consulter un médecin. J’ai été acquitté en 1952. N’est-il pas étrange que le 'cas Kuhfuss', qui s’était passé fin 1949/1950, n’ait pas été déroulé déjà pendant le procès de 1951/1952 bien que tous les documents aient été rassemblés! N’est-il pas frappant que l’instruction pour la nouvelle ouverture d’un procès contre moi ait eu lieu exactement au moment où le public apprenait que le 22.11.1953 l’Union Groening avait été fondée à Murnau! Car depuis janvier 1954 de nombreux guides de communauté, amis et membres de l’Union ont été surveillés et interrogés selon des mesures policières." La mise en place du procès s'étendit bien au-delà de deux années. La défense de Bruno Groening fut fortement entravée. Presque tous les témoins à décharge furent refusés, par contre ceux de l’accusation acceptés. Parmi eux se trouvèrent aussi deux anciens collaborateurs de Groening: Eugen Enderlin et Otto Meckelburg. Particulièrement Meckelburg - coaccusé pendant le premier procès – se dressa en termes acérés contre Groening. Il employa tous les moyens pour lui nuire.
Il joua un rôle déterminant quant à l'accusation pour homicide par négligence. Le cas s'était produit alors qu’il était "manager" de Bruno Groening. En novembre 1949, l'employé de la Caisse d’Epargne Emil Kuhfuss et sa fille Ruth, âgée de 17 ans et souffrant d’une tuberculose pulmonaire bilatérale, étaient venus à une conférence de Bruno Groening. Groening avait constaté de suite qu’on ne pouvait plus l’aider et s’était exprimé en ce sens auprès d'un médecin présent. Pourtant Meckelburg l'avait harcelé vivement et exigé qu’il se chargeât du cas. Ainsi une rencontre personnelle entre Bruno Groening et Ruth Kuhfuss avait eu lieu après la conférence. Groening avait encouragé la malade et invité le père à faire faire un examen médical après neuf jours. Il avait voulu obtenir par là que la jeune fille, qui ne voulait plus rien entendre des médecins, fût à nouveau sous contrôle médical. Le père avait assuré s’en charger. La correspondance échangée durant la période qui suivit avait été réglée par Meckelburg et n'était pas parvenue jusqu’à Bruno Groening. Il n'avait entendu parler de Ruth Kuhfuss à nouveau qu'en mai 1950 . Dans l’intervalle son père avait envoyé des requêtes instantes à Groening le suppliant de leur rendre visite. Meckelburg n'avait pas transmis les lettres mais organisé de son propre chef - à l'insu de Groening - une rencontre avec Monsieur Kuhfuss. Il en avait informé Groening peu avant la date fixée et l'avait forcé à l’accompagner.
Un grand reproche que l'on fit à Groening fut d’avoir interdit à Ruth Kuhfuss de se faire soigner par un médecin. Mais, bien au contraire, il avait lui-même envoyé la jeune fille chez un médecin, ce que même des témoins de l’accusation confirmèrent, dès la première rencontre. Même que dans une émission radiodiffusée en automne 1949, il avait conseillé aux gens de "faire faire un examen médical de contrôle jusqu’à la fin". Il invitait toujours les personnes cherchant de l'aide à faire confiance à leurs médecins. Ruth Kuhfuss, qui avait déjà subi sans succès plusieurs thérapies douloureuses, avait refusé tout traitement supplémentaire. Elle mourut le 30 décembre 1950 des suites de la maladie. Du point de vue médical, le Dr. med. Otto Freihofer s’efforça d’éclairer le cas Kuhfuss dans un commentaire d’expertise: "En observant les faits objectivement, tout profane doit arriver à la conclusion, comme l’a également formulé l’Office de la Santé de Säckingen, qu’il n'y avait aucun espoir de guérison, selon supputation humaine, vu "l’état très grave" qui d'après un rapport médical "menaçait la vie" ou "la mettait en péril". De même que tout médecin honnête, pas trop prétentieux pour croire que, étant en possession des médicaments les plus récents, il puisse se passer des forces de la nature, devra approuver l’expertise du professeur Lydtin de Munich, selon laquelle "on ne peut prétendre qu’avant le 5.11.49 une guérison était fortement probable". A mon avis, il est plus que surprenant que la patiente ait même vécu jusqu’au 30 décembre 1950, de sorte que l’influence de Groening ait tout de même pu prolonger sa vie. J’aimerais clore mon commentaire d’expertise en résumant que les affirmations:
Le paradoxe de l’accusation contre Bruno Groening concernant l'homicide par négligence fut démontré par Josef Hohmann, ancien directeur de collège, dans un écrit de 1956: "La vérité apparait plus clairement dans les coulisses si on transforme le cas en son contraire. Appliquons cette sentence au cas Kuhfuss. Disons donc que la jeune fille atteinte de TBC serait venue dès le début de sa maladie d’abord chez Groening et qu’il l’aurait traitée un an et demi sans succès. Nous désignons cette phase par un A. Ensuite elle va, à l'article de la mort, chez des professeurs et médecins et meurt durant leur traitement. C'est la phase B. Le procès débute. Des médecins viennent en tant qu'experts. Ils doivent découvrir où se trouve l’innocence. Et je tiens le plus grand pari que tous les médecins et professeurs, toutes les facultés médicales, oui tous les médecins du monde entier soutiennent la phase B en faisant remarquer: là trône glorieusement l’innocence car comment pourrions-nous endosser la responsabilité pour ce qui a été gâché pendant une période de traitement d’un an et demi? Ce serait absolument ridicule et absurde! Et c’est justement là, derrière la phase B, que se trouve Groening sous le coup d'une accusation. Ainsi il a toute la médecine académique moderne, peut-être un million de savants, derrière lui, qui démontrent à l’unanimité son innocence(!)". Fin juillet 1957 une audience eut lieu à la cour d’assises du tribunal Schöffen dans la région de Munich. Bruno Groening fut acquitté en ce qui concerne l'homicide par négligence. Une amende de 2000 DM lui fut infligée pour infraction à la loi des guérisseurs. Bien que le jugement semblât positif à première vue, ce fut une chose inacceptable à ses yeux. Ceci équivalait à une interdiction définitive d’agir. Par la faute de son avocat, qui estima la sentence beaucoup plus positivement que Groening, ce ne fut pas lui qui fit appel mais le ministère public. La seconde audience eut à nouveau lieu à Munich mi-janvier 1958. Séparation de l’Union GroeningEntre-temps, en octobre 1957, une discussion eut lieu entre Bruno Groening et les directeurs de l’union. Par un bureaucratisme borné l’union lui avait fortement nui. La cause de cette dispute fut la sentence selon laquelle Bruno Groening aurait dû payer en peu de temps 2000 DM d’amende. Comme il ne prenait pas d’argent pour son activité et de ce fait ne possédait pas les moyens financiers nécessaires, le conseil d'administration de l’union avait décidé, dès le début du procès, de subvenir aux dépenses. Mais la prise en charge de l’amende fut controversée au sein du comité directeur. On voulut du reste vérifier par de longues procédures bureaucratiques si l’union était obligée de payer les 2000 DM exigés. Ce serait seulement ensuite qu’on s'occuperait d'obtenir cette somme. Ainsi il fut prévisible que l’argent nécessaire ne parviendrait à Bruno Groening - si vraiment c’était le cas - que beaucoup trop tard. Ainsi l’union aurait regardé sans rien faire comment Bruno Groening, dans l’impossibilité de verser l’amende, aurait dû aller en prison. Par ce fait il en résulta un conflit ouvert et finalement une rupture. Bruno Groening releva, dans les 62 pages de son "bilan sur les activités de l’union", tous les points sur lesquels elle lui avait nui. En résumé il expliqua:
"Si je fais aujourd’hui des comparaisons entre mon entourage antérieur (les affairistes Meckelburg, Enderlin, Schmidt et Hülsmann) et mon entourage actuel (membres du comité directeur de l’union), j’en viens au même résultat final: aujourd’hui s’est finalement produit la même chose qu’en ce temps-là. Aujourd’hui, ceux qui se disent mes plus grands, mes plus proches et meilleurs amis n'ont apporté aucun changement par rapport à autrefois. A cette époque, des acteurs malhonnêtes m’ont trompé. Aujourd’hui, ce sont des amis qui ont failli en regardant calmement comment ce pour quoi je suis sur Terre n’a pu se réaliser parce que j’ai été condamné, parce qu’on a refusé de m’aider, que je ne pouvais me rendre dans mes communautés faute de voiture, qu’on n’a rien entrepris contre la campagne de presse diffamatoire, qu’on a seulement semé la confusion, que tout simplement on n’était pas là quand j’avais besoin de gens qui auraient pu et dû me soutenir par leur savoir et leur place dans la société. Aucun de ces amis n’a engagé son Moi pour me libérer, aucun n’a eu le courage de prendre vraiment position pour moi. Rien ne s’est passé. D’une façon bureaucratique et mesquine on a pris décision sur décision. Personne ne s’est vraiment engagé pour moi, personne n’a vraiment agi avec tout son être pour me décharger de toutes ces luttes aux procès, contre la presse, pour trouver une aide, pour la voiture qui ne marchait plus, contre la boue et la calomnie, etc., et ne s’est placé devant moi pour me permettre de faire ce pour quoi je suis ici, sur Terre: Transmettre la force vitale aux hommes et les conduire à la foi. Que j’aie pour cela besoin de calme, que je ne doive pas sans cesse être dérangé par des influences extérieures de ce monde, que j’aie besoin d’un véritable rempart de protection pour laisser agir librement ce qui m’a été donné, personne n’y a pensé, aucun de mes amis, de ceux qui veulent être mes amis. Et c’est ce qui est honteux et pour moi décevant:
Et le résultat est le même: Je n’ai pas été libéré. Bien des amis du comité directeur de l’union n’ont pas tenu leurs promesses. On m’a seulement bâillonné par toutes ces mesures." Weisser démissionna et l’union Groening, qui n’avait jamais réussi à obtenir son inscription au registre des associations, fut dissoute après peu de temps. Elle fut remplacée par l' "Association pour promouvoir les fondements d’une vie psychique-spirituelle naturelle", fondée en 1958, ses présidents furent Erich Pelz pour l’Allemagne et Alexander Loy pour l’Autriche. Mais cette dernière association créée du vivant de Bruno Groening ne devait pas, elle non plus, apporter ce qu’il en espérait. Son nom ne fut même pas mentionné dans les statuts. Sa parole conjure la maladiePendant ces débats et luttes, l'influence de Bruno Groening continua d’agir. Ainsi le Dr. Horst Mann écrivit entre autre en 1957 dans une série d’articles intitulée "Sa parole conjure la maladie" parue dans la revue "Neues Blatt": "Le lendemain je me suis rendu de Hamelin à Springe, petite ville au bord de la Deister. Une communauté y avait été fondée. La guérison d’un certain nombre de personnes en était à l’origine. Et là aussi j'ai vécu ce fait, comme auparavant à divers endroits de Schleswig-Holstein, à Augsburg, Hamelin, Vienne, Plochingen et dans d’autres villes: des gens se sont levés et m'ont parlé de leurs maladies. Ils m'ont cité leurs médecins qui les avaient traités. Ils ont raconté leur guérison grâce à Groening. Et ils étaient toujours prêts à lever la main et à prêter serment. 'Quand j'étais bébé, on m’avait déjà déboîté les deux hanches' a raconté la quinquagénaire Julie Prohnert de Hannovre. 'Plus tard je ne pouvais marcher qu’avec des béquilles. Le médecin ne pouvait que soulager mes douleurs. Quand j’ai écouté une conférence de Monsieur Groening, j’ai senti une forte réaction. Mon dos, qui était déjà complètement vouté, s’est redressé. J’ai pu marcher à nouveau. Je n’ai pas eu de rechutes…' 'J'avais du rhumatisme articulaire et étais constamment torturé par des éruptions et des abcès. Monsieur Groening m’en a libéré' a dit Wilhelm Gabbert de Hamelin. 'Mes troubles biliaires n’étaient supportables qu’avec de la morphine' a commenté Kurt Severit d’Evestorf. 'Je remercie Bruno Groening de m’avoir libéré de ces maux.' 'J’avais un diabète très prononcé, a rapporté Robert Thies de Springe, mais ce qui était encore plus alarmant c’était une faiblesse du muscle cardiaque. Ces deux affections ne me font plus souffrir aujourd'hui. J’en remercie Monsieur Groening.'
On pourrait poursuivre cette liste. Ce sont des gens de tous les âges qui m'ont raconté leurs expériences ; hommes, femmes et enfants. Bien des maladies ont été citées, depuis les maux de tête en passant par des inflammations des nerfs, sciatiques, troubles rénaux et biliaires, jusqu’aux affections cardiaques et paralysies. Mais c’est encore quelque chose d’autre qui m’a profondément touché. Beaucoup ont raconté très ouvertement devant tous les auditeurs qu’ils ont, grâce à Groening, vécu une transformation intérieure. La chasse au succès et le comportement égoïste ont fait place à un calme intérieur et à une attitude de solidarité. Lors de tous ces entretiens avec des gens qui se sentent guéris par Bruno Groening, une question s’est imposée toujours plus à moi. "La guérison était-elle possible chez chaque individu - ou encore plus audacieux - pour chaque maladie? Où étaient les limites de la force qui émanait de Bruno Groening? N’y avait-il pas de risques? (…) Lors de ma dernière visite je lui ai posé cette question. 'Je ne peux ni ne veux forcer personne" m'a-t-il répondu. "Si quelqu’un se ferme et n’est intérieurement pas disposé à laisser la force de l’ordre s’épanouir, alors il me manque à moi aussi la disposition pour intervenir. Alors je conseille seulement à cette personne de faire sauter le verrou du Mal qui entrave la guérison.' J’avais encore une question: 'Chaque maladie est différemment dangereuse' lui ai-je dit. 'Supposons qu’un malade gravement atteint, condamné par plusieurs médecins, vous fait demander par un médecin qui lutte encore pour son patient. Est-ce que vous pourrez aider?' 'Oui', a dit Groening, sans hésitation. 'Si le malade y croit et que le médecin a confiance en sa voie, le succès ne fera pas défaut. La confiance commune va mobiliser chez le malade des forces insoupçonnées. C’est souvent lorsque le malade désespéré saisissait la dernière bouée de sauvetage que le succès se réalisait le plus vite.'" Poursuite du procèsLors de la procédure d’appel, en janvier 1958, Bruno Groening fut désavantagé par le fait que ce ne fut pas lui mais le ministère public qui fit appel. Ce ne fut pas seulement cette négligence de son avocat d’alors qui lui nuit, mais aussi la mise à disposition hésitante des documents au nouvel avocat-conseil de Groening qui gêna la préparation des débats. Un autre inconvénient fut l’assurance avec laquelle, en comparaison avec la première audience, les témoins de la partie opposée se présentèrent. Ils semblaient s’être mis d’accord sur le point de l'"interdiction de médecin". Ainsi le verdict fut cette fois: Huit mois de prison pour homicide par négligence et 5000 DM d’amende pour transgression de la loi des guérisseurs. La sentence fut assortie de sursis. La baronne Anny Ebner von Eschenbach, qui avait assisté aussi bien à la première qu’à la seconde audience, qualifia le jugement comme étant une honte pour l’Allemagne. Bruno Groening expliqua qu’il était puni pour le bien qu’il faisait. Il déplora que, pendant tout le procès, personne ne s'était intéressé à savoir comment une guérison survenait, même pas ses propres avocats. Si on avait approfondi cette question, on aurait constaté que sa manière d’agir n’avait rien de commun avec un traitement médical. Le procès aurait dû être suspendu. Cependant l’éclaircissement de cette question n’intéressait personne au tribunal. On avait une idée préconçue sur Groening et on n’était pas disposé à en dévier. Mais ceci non plus ne constitua pas la fin du procès. Cette fois ce fut Bruno Groening qui demanda une révision. La date de l’audience fut fixée au 22 janvier 1959 devant la cour d'appel de Munich. Mais quelque chose de tragique survint entre-temps dans la vie de Bruno Groening. Son chemin se termine à Paris
Il revint en Allemagne et prépara les fêtes de Noël des communautés. Le 4 décembre, il enregistra sur bande magnétique les paroles qui devaient être écoutées dans les différentes communautés. Ensuite, il retourna à nouveau à Paris avec sa femme. Entretemps, le docteur Grobon avait informé l’éminent spécialiste en chirurgie cancéreuse, le docteur Bellanger. Ce fut dans la clinique de celui-ci, située rue Henner, non loin de Montmartre, que l’opération eut lieu le 8 décembre. Le résultat fut effrayant pour les médecins: c’était encore bien pire que ce que les radiographies avaient laissé supposer - ce n’était plus opérable. La plaie fut refermée aussitôt. Josette Groening écrivit à ce sujet: "Ils ne purent cependant pas comprendre que l’aspect extérieur de Bruno trahît si peu ses terribles souffrances intérieures, qu’il pût encore respirer normalement, que son métabolisme fonctionnât encore impeccablement au cours des dernières semaines, que son analyse sanguine fût excellente. Normalement, à ce stade avancé, des vomissements surviennent à la moindre prise de nourriture et le patient, très éprouvé, doit lentement mourir de faim. Chez Bruno tout cela ne se manifesta pas".
A la surprise de ses médecins, il se rétablit très vite et retourna en Allemagne où il assista à la fête de Noël. A la mi-janvier 1959, il rencontra, durant trois jours, les dirigeants de la nouvelle organisation et détermina la façon dont l’œuvre devait être réalisée. Les deux hommes ne se doutèrent point que c’était leur dernière rencontre avec Bruno Groening. Le 21 janvier, il prit l’avion pour retourner à Paris. Une opération était devenue indispensable en raison d´une occlusion de la courbure du gros intestin. Le 22 janvier 1959, à 9 heures du matin - à l’heure exacte où la procédure de révision débutait à Munich - Bruno Groening fut opéré une nouvelle fois. Il dut supporter ce que lui-même avait réussi à épargner à d'innombrables personnes; il ne pouvait ni ne devait s’aider lui-même. Ce matin là, alors qu’il se trouvait sous anesthésie, un violent orage s’abattit subitement sur Paris. Sa femme relata: "Bizarre aussi fut le phénomène naturel suivant: le 22 janvier 1959, alors que mon mari se trouvait encore sous anesthésie, un orage éclata brusquement sur Paris, assombrissant l’atmosphère sereine et claire de cette journée. Il fit tellement sombre que l’on fut obligé d’allumer la lumière en pleine journée. L’infirmière exprima son étonnement au sujet d’un orage aussi violent. Dans les jours qui suivirent l’opération, la température et le pouls de Bruno furent tout à fait normaux. Il se leva même encore deux fois et prit place dans un fauteuil." Le 25, il tomba dans le coma et le lendemain, le 26 janvier 1959, à 13 h 46, Bruno Groening mourut à la clinique Henner d’un cancer, comme l’écrivit le médecin sur l’acte de décès. Etait-ce réellement un cancer? Le docteur Bellanger avait dit après la seconde opération: "La destruction dans le corps de Bruno est terrible, c’est une combustion intérieure totale. Qu´il ait pu vivre aussi longtemps et sans endurer des souffrances atroces, est un mystère pour moi." Bruno Groening avait déjà dit plusieurs années auparavant: "Lorsqu’on m’interdira d’exercer mon activité, je brûlerai intérieurement". Une lettre du docteur Grobon, adressée le 26 février 1959 à la veuve, témoigne de la façon dont Bruno Groening porta la croix de son amer destin. "Ceux-ci (les soins prodigués par les médecins à Bruno Groening) n’étaient que naturels et je dois avouer qu’ils ont trouvé un soutien énorme dans le courage, la volonté et la personnalité remarquable de Bruno Groening. (…) Il se trouvait sur la voie du Christ." Le docteur Bellanger exprima encore son admiration envers Bruno Groening, dans une lettre écrite en décembre 1974: "Bruno Groening était un homme de cœur, un homme de grande valeur, de grande ténacité ; et sa dignité vis-à-vis de la souffrance et de la mort suscite encore aujourd’hui l’admiration."
Le corps de Bruno Groening fut incinéré dans un crématorium à Paris et l’urne enterrée au cimetière de Dillenburg. Le procès fut déclaré clos en raison de la mort de l’accusé et un verdict définitif ne fut jamais prononcé. Le "docteur-miracle de Herford", qui avait apporté le salut à des milliers et des milliers de personnes, mourut seul et abandonné dans une petite ruelle à Paris. Pourquoi devait-il en être ainsi? Pourquoi a-t-il dû porter de si grandes peines? Pourquoi n’a-t-il pas pu s’aider?
"Bruno Groening a fait beaucoup de bien durant sa courte présence sur Terre. Le don d’aider et de guérir lui a été donné à la naissance. Partout où il allait, des choses merveilleuses se passaient, inexplicables par la raison. Il fut connu du grand public en 1949. Après les grandes guérisons qui eurent lieu à Herford, alors qu’on parlait de lui dans le pays et à l’étranger, une interdiction de guérir lui fut infligée après trois mois seulement. On le poursuivit, on le traqua, on lui fit un grand procès et on voulut le punir et le condamner. Pourquoi? A qui a-t-il nui? A personne, mais il a fait tant de bien à des milliers de personnes ; aide qu’ils n’auraient pu obtenir d'aucun être humain. On voulut le punir, lui l’innocent! Innocent, on lui interdit de faire ce que Dieu lui avait demandé de faire - aider les hommes! Il dut subir amèrement cette méchanceté. A Paris, dans la clinique cancérologique de la rue Henner, dans de grandes souffrances, il brûla intérieurement par ce même courant guérisseur qu’on lui refusa de transmettre. La loi des hommes voulut l'interdire en Allemagne. Il se trouva ainsi accusé comme un criminel, au milieu de tous les mensonges et de toutes les calomnies. Seul et en silence - aucun ami ne s’en doutait - il porta jusqu’au bout toute la souffrance de l’humanité. Et c’était un fardeau à porter, mais ce ne fut pas en vain! Cela devait se passer ainsi, il n´était plus possible d’aider les hommes autrement." Et dans son livre "Je vis afin que l’humanité puisse continuer à vivre", elle écrit: "Quant à l’emploi du mot 'sacrifice', nous devrions, nous les hommes, être très vigilants. Ici toutefois, lorsque Bruno Groening décéda à Paris, ce mot, investi de tout son poids, décrit la vérité." C’est seulement ainsi que sa parole put s’accomplir, comme cela est consigné de nos jours dans de nombreux témoignages de réussite: "Quand je ne serai plus sur Terre en tant qu’homme, c’est-à-dire quand j’aurai abandonné mon corps, alors l’humanité sera parvenue au point où chacun pourra, par lui-même, recevoir aide et guérison." |